Un champ si fertile soit-il ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’humain sans enseignement.
Cicéron (Tusculanes, II,13)
Le savoir est donc un levier puissant dans la lutte contre la pauvreté et pour la santé…
Esther Duflo
Au cours des 25 années de missions humanitaires sur tous les continents et dans le cadre d’une chirurgie hautement spécialisée, j’ai largement pu constater que l’origine des maux que nous tentions de soulager était bien en amont de la simple réparation du coeur. Trois “idées” se sont progressivement installées dans ma réflexion
- Quelque soit le pays, la bonne santé passe par la lutte contre la pauvreté.
- La lutte contre la pauvreté commence par un droit et un accès pour tous à l’éducation.
- A côté de grands programmes (UNESCO, UNICEF, Croix Rouge, FMI); des actions ciblées, personnalisées, de proximité, dit “de micro générosité” sont d’une utilité essentielle.
Quelques observations :
- En 2007, on estime à encore 180 millions le nombre d’enfants non scolarisés.
- La corvée d’eau prive des millions de filles en âge d’être scolarisées
- 800 millions d’adultes sont analphabètes
Alors que d’immenses et coûteux programmes et conférences mondiales palabrent sur l’avenir de l’humanité, le professeur M. Yunus développe avec des partenaires d’entreprise (Ex : Danone) le principe du micro crédit qui va être une réussite formidable et lui valoir le Prix Nobel de la Paix. Ces micro crédits vont surtout permettre à des milliers de femmes et d’hommes de sortir la tête de l’eau et de retrouver leurs dignités et un revenu, et par conséquence de donner à leurs enfants une éducation correcte.
La philosophie de l’association “Anima Sana In Corpore Sano” (Un Esprit Sain dans un Corps Sain en latin) est de faire de l’humanitaire de proximité, d’aider les projets favorisants l’accès aux soins et/ou l’accès à l’éducation pour tous.
Quelque soit le pays, les principes qui guident les choix et les décisions de AASICS sont les suivants :
- Encourager et aider à la formation sur place.
- Responsabiliser les partenaires de façon bilatérale et proximale. Contact direct de personne à personne.
- Evaluer les résultats avec des marqueurs spécifiques pratiques.
- Soutenir des projets d’ampleur raisonnable et contrôlable.
Pr. Paul Menu